A propos dE LA SAISON 2

Exemples de thèmes pour les tables rondes exploratoires

« Que le citoyen l’accepte ou non, les gouvernances contemporaines s’engagent plus jamais sur les voies de la dématérialisation. Elles s’appuient sur l’émergence de réglementations nationales ou communautaires sensées protéger l’individu. Mais, au sein de cette marée d’innovations (techniques) et de mutations (d’usages), comment s’y retrouve ce dernier ? La dématérialisation améliore-t-elle le fonctionnement de l’État ? Renforce-t-elle son implication ? L’abstention électorale qui ne cesse de croître témoigne plutôt d’un désengagement. Alors, au temps de la dématérialisation qui semble inéluctable, comment renforcer le rôle de l’individu au sein de la communauté ? »

« Pour certains, le soin est un des signes de la civilisation humaine. La société humaine aurait débuté quand l’un de ses membres pouvait briser un fémur et en guérir, sans mourir de faim, sans servir repas à des prédateurs… Pour d’autres, le soin est déjà une forme d’amélioration, de transhumanisme : prothèses diverses et variées, lunettes, vaccins… Alors, comment marquer, de manière plus ou moins objective, la limite entre la notion de soin et celle d’augmentation ? La nature humaine est-elle une notion figée ? L’évolution, à l’échelle humaine, avance de manière imperceptible. Doit-on accélérer cette évolution à coups de modifications, d’améliorations génétiques ? Pour évaluer la notion d’augmentation, des aspects de la question tels que le service rendu, le confort, la mode, le marketing… doivent-ils être pris en compte ? »

 

Le métavers… le métavers !!! On a jamais autant entendu parler du prochain avatar des mondes virtuels persistants que depuis ces deux ou trois dernières années. Les divers confinements ont-ils joué un rôle dans l’émergence de ces Eldorado virtuels ? Peut-être… En tout cas, le changement de nom de Facebook en Meta a braqué les feux de l’actualité sur un domaine d’activité qui promet beaucoup (trop ?) sans que, du côté du grand public, on ait encore vu grand chose… Et, si les comportements de certains de nos concitoyens, sur les réseaux sociaux, ne laissent présager rien de bon… d’autres observateurs, libertaires, anarchistes, n’envisagent les métavers que interopérables et libérés de la mainmise commerciale et marketing des éditeurs/opérateurs (Meta, Apple, Google…). Ce seraient quelques conditions parmi d’autres pour voir émerger, dans les métavers, la créativité et l’essence même de la vie, le chaos, dans le sens de non-déterminisme. Enfin, d’autres appellent les responsables politiques à investir ces espaces virtuels pour y appliquer la loi, y exercer la souveraineté de l’État, pour la protection des citoyens et des communautés ? Alors, qui a raison ? 

Un des plus grand hold-up linguistique de ce début de XXIème siècle (débuté au siècle précédent) est la substitution du mot « progrès » par celui d’innovation. Afin de comprendre ce que cela change, on peut assimiler l’innovation, devenue principalement technologique, à un virus, dans la mesure où celui-ci ne s’emploie qu’à une seule tâche : assurer l’émergence de la génération suivante, quitte à détruire son hôte… La comparaison peut paraître mal venue dans notre monde post-Covid, il n’en demeure pas moins, que les lois du développement, du financement, de la commercialisation d’une innovation et celles du marketing font que si une innovation ne met pas tout en œuvre pour se diffuser, pour occuper l’écosystème économique qui lui est théoriquement accessible, elle sera vraisemblablement supplantée par une autre innovation. Alors, peut-on revenir à une notion de progrès technique, qui se trouverait décorrélée des notions commerciales et de concurrence ? Mais, comment faire ? Et, comment, à l’inverse, accélérer et rendre virales les innovations sociales, environnementales, collaboratives ? 

Sélection de films et thèmes des tables rondes spéculatives

Le film Ready Player One propose une vision figurative explicite de la projection du corps numérique — que nous avons potentiellement tous — dans les métavers si ceux-ci restaient sous la coupe d’un seul opérateur commercial, sans interopérabilité avec d’autres acteurs, privés aussi bien que publics. Il nous interroge aussi sur les capacités d’auto-régulation de ce genre de systèmes, en considérant les réseaux sociaux actuels comme des lieux de tests des comportements des futurs usagers des métavers.
Si le scénario de
Ready Player One advenait : quelles conséquences pour les individus et les organisations humaines ? Peut-on éviter ce scénario, l’amortir ? Faudrait-il l’accélérer ? Sachant qu’il faut bien garder en tête que le point de départ du film est que l’Humanité ayant échoué à préserver la planète, elle se jeta à corps perdu dans les univers virtuels persistants

> Analyse de Ready Player One sur FuturHebdo

Le film Bienvenue à Gattaca nous montre un monde où l’eugénisme est devenu la règle : si vous voulez offrir les meilleures chances d’avenir à votre progéniture, concevez-le selon les règles de cette nouvelle éthique qui fait de la nature humaine une matière malléable, modifiable, ajustable ! Le film nous interroge donc sur la définition de la nature humaine… sur celle des limites entre le soin et l’augmentation… sur les règles communautaires qui découleront de ces nouveaux rapports à la procréation et à notre corps biologique et intime. Ce film nous interroge aussi sur les futures relations entre humains non-modifiés et humains « eugénisés ». Alors, si le scénario de Bienvenue à Gattaca advenait : quelles conséquences pour les individus et les organisations humaines ? Peut-on éviter ce scénario, l’amortir ? Faudrait-il l’accélérer ? Sachant qu’il nous invite aussi à réfléchir sur la notion même de handicap et de sa place dans la société de ceux qui se disent (sur)valides !

> Analyse de Bienvenue à Gattaca sur FuturHebdo 

Pour certains, le film Minority Report est déjà le présent ! A la nuance près que les précogs restent de l’ordre de la fiction… Cependant, les prouesses sans cesse renouvelées des algorithmes — appelés, à tort ou à raison, intelligences artificielles — incitent les opérateurs privés aussi bien que publics à les utiliser de manière de plus en plus large.
Un autre mérite de ce film est de proposer une vision d’avenir qui ne tombe pas dans le piège essentialiste : dans cet avenir, qu’on peut considérer non-dystopique, la société est hétérogène et injuste comme l’est celle que nous connaissons. Quel espace de liberté d’action, d’intime restera-t-il au citoyen, dans ce monde où tout, ou presque, est modélisable et prévisible ? Si le scénario de
Minority Report finissait par advenir : quelles conséquences pour les individus et les organisations humaines ?
Peut-on éviter ce scénario, l’amortir ? Faudrait-il l’accélérer ? En se rappelant que
Minority Report est un des (pas assez) nombreux avatars de l’œuvre de Philip K. Dick. Cet auteur de SF ne cesse de nous interroger sur notre rapport au réel. Il nous a légué une œuvre et des réflexions dont il ne faut pas se priver pour tenter de comprendre le monde à venir… »

> Analyse de Minority Report sur FuturHebdo

Le film Repo Men parle de prothèse bio-mécaniques, d’organes défaillants, de sueur et de sang, de marketing et business !
Repo Men nous fait surtout passer de notre présent dans lequel corps et esprit semblent indissociables à un monde où le corps devient objet de marketing, un monde où tout se négocie, tout se vend… Et ce, à n’importe quel prix !
Dans
Repo Men, le corps est passé de l’intime, objet de soins et d’attention, à l’extime : là, le corps humain, devenu simple véhicule de la conscience humaine se trouve sujet de règles commerciales.
Si le scénario de
Repo Men advenait : quelles conséquences pour les individus et les organisations humaines ? Peut-on éviter ce scénario, l’amortir ? Faudrait-il l’accélérer ? Le film pouvant être résumé en trois mots, ils disent beaucoup sur demain : « moi, mon corps et la communauté », peu importe que cette dernière soit mon entourage choisi (pour reconstruire mon intime), l’État (le grand absent de Repo Men) ou celle des acteurs économiques (qui ont accompli le plus grand coup de marketing de tous les temps : abolir la distance physique entre le client et le produit !). »

> Analyse de Repo Men sur FuturHebdo

SÉLECTION DE SPECTACLES VIVANTS

Dans un futur proche, une mère apprenant la maladie de sa fille prend la décision d’accueillir dans son foyer, à l’abri des regards, un clone de son enfant. Elle l’élève en secret, dans le petit cagibi de la maison, attendant l’instant où ce double sera apte à accueillir la conscience de son enfant. Après une longue période d’absence, sa fille, devenue danseuse de ballet, revient à la maison et découvre le secret dissimulé depuis son adolescence. Refusera-t-elle ce nouveau corps, cette « Synthèse » ? Aura-t-elle vraiment le choix ?   

Synthèse aborde avec nuance et poésie les problématiques éthiques et philosophiques du Transhumanisme. Opposant le corps de la danseuse à celui de la machine, elle interroge sur le bouleversement possible de nos identités et de nos relations, mais pose aussi des questions intemporelles surl’amour filial : peut-on vraiment offrir le meilleur à ceux qu’on aime ?

« Et si… les terres agricoles devenaient infertiles ? Et si… l’on transformait les lieux culturels en réserves pour artistes en voie d’extinction ? Et si…le travail n’avait plus aucun sens ? Et si… les rapports humains devenaient définitivement monétisés ? »

Les Brèves du futur, quatre dystopies qui développent successivement quatre situations d’anticipation, prenent place dans un avenir aussi absurde que probable. Du public s’extraient cinq interprètes qui font vivre, sans décor ni costumes et par leur seul jeu, un avenir qui semble déjà en germe.

C’est en 2016, à l’occasion d’Un Festival à Villeréal, dans le Lot-et-Garonne, que Julien Guyomard a mené une série d’entretiens avec les habitants du village sur le thème du futur. Il a tenté de traduire les signaux faibles et les appréhensions populaires en histoires aussi drôles que glaçantes.

Ce théâtre à lisière du politique se veut avant tout une comédie ludique où le futur ne se fait plus l’écho d’une triste résignation mais la réouverture d’un débat populaire et joyeux.

« Nous avons tous grandi sous le sceau de la célèbre prédiction littéraire en forme de maxime : « Le vingt-et-unième siécle sera féminin ou ne sera pas ! ».

Par extraordinaire, la promesse d’Aragon semble justement s’incarner de nos jours à travers la nécessité gracieuse et grave d’espérer dans les vertus féminines de Bonté, de Compassion et de Douceur le baume de guérison dont ce monde a cruellement besoin.

Si l’heure est encore au soulèvement impétueux des femmes, désireuses de mettre fin aux abus de la domination masculine et à ses injustices, il semble cependant que cette reconquête soit appelée à se résoudre à travers un ressaisissement plus profond de l’âme du Féminin (dont l’essence s’est perdue), plutôt qu’à sonner l’hallali contre « le sexe fort ».

L’obscurantisme du Moyen âge et des siècles d’ignorance ont rayé les grands mythes légués par les traditions les plus anciennes (Égypte, Chine, Royaume sumérien) qui se rejoignent pour décrire l’Élément féminin comme essentiel à la construction de toute Existence et par là : la Femme comme « la Porte du Ciel », l’intermédiaire privilégiée entre le Ciel et la Terre.

Il y a longtemps que la femme a oublié sa nature magique et son rôle d’initiatrice. Et pas seulement par la faute des hommes. Mais plus que l’homme, elle a gardé le souvenir que le corps est infiniment précieux, pour ne pas dire sacré…

Et que représente le Féminin si ce n’est la Vie en ses aspects subtils, l’invisible, l’intuitif, la dimension magique du corps et sa résonance avec l’astre de la nuit, par là avec la Nature et… le Mystère du cosmos ? »

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