Riel Miller

Chef des littéracies du futur, UNESCO

Anticiper les mondes dès maintenant : Imagination, perception et littératies du futur

Pouvez-vous jeter votre regard ou votre attention sans imaginer ce qui va suivre ? Les actions humaines et ce dont est fait le monde ont-ils un sens sans l’imagination de leur futur déjà dans nos esprits ? D’où viennent ces images ? Qui et comment les créons-nous ? Quelles sont les sources des futurs imaginaires qui orientent nos perceptions et façonnent nos espoirs et nos peurs ?

Aujourd’hui, il semblerait que notre imagination ne s’exerce pas assez. Nous limitons la création des futurs à ceux que nous pensons susceptibles de se produire ou à ceux que l’on désigne comme souhaitables ou évitables. En conséquence, nos efforts de « prévoyance » demeurent contraints dans une tentative de contrôler l’avenir. Et, changement aussi bien que surprise deviennent des ennemis.

Confinés à utiliser nos capacités d’anticipation pour projeter ce que nous savons déjà — le passé — dans le futur, détecter et inventer la nouveauté bergsonienne qui nous entoure relève de la difficulté.

Et, si nous faisions de la complexité — l’état créatif de notre univers et de la différence — une étincelle de sens, une source d’atouts plutôt que de contraintes ? Allons-nous toujours « anticiper les mondes » ou laisserons-nous le monde nous anticiper ?